« Pendant dix ans, je dormais en moyenne deux heures par nuit » : le parcours hors normes de Stéphane Dauvister, de chauffagiste jalhaytois à entrepreneur intuitif

Élu Verviétois de l’année en 2025, Stéphane Dauvister n’a jamais cherché la lumière. Cancre assumé, entrepreneur instinctif et travailleur acharné, le Jalhaytois incarne un parcours entrepreneurial hors normes, bâti sur l’intuition, le courage et une confiance profonde en l’humain.

Né à Verviers, Stéphane Dauvister fêtera ses 45 ans en juin. Il le dit sans détour : l’école n’a jamais été son terrain de jeu. « À l’époque, je ne comprenais pas à quoi ça servait. » Après un second échec en quatrième secondaire au collège Saint-Remacle de Stavelot, il met un terme à son parcours scolaire classique. À 18 ans, il quitte la maison familiale, seul, sans argent.
« J’ai été adulte avant l’âge. J’aurais pu mal tourner, mais j’ai choisi une autre voie. On n’a rien sans rien. »

De l’apprentissage à l’entrepreneuriat

Le déclic arrive presque par hasard. Un ami de son père, chauffagiste, lui parle de son métier. « J’ai sauté sur l’occasion. Et j’ai adoré. » Formation en alternance à l’IFAPME, stage chez Ledoyen à Welkenraedt : « C’est là que tout a commencé. »

Il y restera jusqu’en 2005, avant de se lancer seul, avec une camionnette. Puis un ouvrier. Puis plusieurs. « Les premiers bureaux étaient chez ma grand-mère, à Tiège », sourit-il. « Elle tenait un ancien café. Elle servait à manger et à boire à toute l’équipe le matin. Puis on est devenus trop nombreux. On a transformé les chambres en bureaux. C’était fou. »

En 2008, il construit un hall à Francorchamps. L’entreprise Dauvister change alors de dimension.

Précurseur de la transition énergétique

La clé de ce développement rapide ? Une vision claire et très précoce de la transition énergétique.
« On était parmi les premiers dans le solaire, le photovoltaïque et les pompes à chaleur. Je voyageais énormément, je faisais les salons, je voulais comprendre ces nouvelles technologies. »

Le revers de la médaille : un rythme extrême.
« Pendant dix ans, je dormais en moyenne deux heures par nuit. Je rentrais souper en famille, je retravaillais jusqu’au petit matin et je repartais tôt au bureau. Être entrepreneur, ce sont des sacrifices. »

Exigeant, perfectionniste, parfois dur, il pousse ses équipes – et lui-même – vers le haut.

Racheter son ancien patron… puis changer d’échelle

En 2010, à seulement 28 ans, il rachète la société Ledoyen, celle qui lui a donné sa chance. Il industrialise les process, structure l’entreprise et voit grand. En 2014, Luminus entre au capital.
« On était environ 70, on est montés à 220 collaborateurs. »

En décembre 2021, un nouveau virage s’impose.
« Je me sentais moins aligné. J’ai quitté mes fonctions de CEO et j’ai tout revendu. »

Le rôle clé des réseaux et des rencontres

Autre pilier de son parcours : la Table Ronde 104 de Herve, qu’il rejoint à 30 ans.
« C’est devenu une seconde famille. »
Entrepreneurs, architectes, médecins, comptables… le réseau lui permet d’échanger, de poser des questions et de partager des problématiques communes. Une expérience qu’il considère aujourd’hui comme déterminante dans son développement personnel et professionnel.

Ecostal et une nouvelle phase de croissance

La suite s’écrit autour d’Ecostal, à Francorchamps, société fondée en 2008 avec son frère. Active comme fournisseur grossiste de panneaux photovoltaïques, l’entreprise se développe aujourd’hui en Belgique, en Flandre, en France et en Suisse.
« Je viens de reprendre les fonctions de CEO il y a quelques semaines », confie-t-il, avec enthousiasme.

Immobilier, horeca et projets audacieux

Mais l’entrepreneur jalhaytois ne se limite pas à l’énergie. Au fil des rencontres et des opportunités, il investit aussi dans l’immobilier et l’horeca :

  • la boulangerie-sandwicherie La Presse Gourmande à Tiège,
  • le Domaine de Bronromme à Theux, imaginé autour d’un verre à 3h du matin,
  • le château de la Louveterie à Limbourg,
  • et plus récemment, le sanatorium de Borgoumont à Stoumont, dont les travaux devraient débuter prochainement pour une ouverture espérée en 2029.

« Je suis sans doute boulimique de l’entrepreneuriat. J’aime les défis », reconnaît-il avec humilité.

Discrétion, intuition et remise en question permanente

Malgré un parcours impressionnant, Stéphane Dauvister a toujours privilégié la discrétion.
« On ne réussit jamais vraiment. Il faut toujours se remettre en question. Il ne faut pas avoir peur de mettre les mains dans le cambouis, ni de bien s’entourer. »

Son moteur ?
« J’ai toujours fonctionné avec mes tripes. Se faire confiance. Chercher le positif. »

Aujourd’hui, élu Verviétois de l’année 2025, il entend mener à bien les projets lancés – notamment chez Ecostal, où la digitalisation renforce le solaire et les solutions de batteries – tout en s’impliquant davantage dans le tissu associatif local, auprès des jeunes et des clubs sportifs.

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