De l’eau pure des Hautes Fagnes à un succès reconnu bien au-delà de Waimes, la brasserie Peak s’est imposée comme une référence de la bière artisanale wallonne, portée par un ancrage territorial fort, une identité singulière et une production en pleine croissance.
Créer une brasserie, oui. Mais pas à n’importe quel prix. C’est avec cette exigence qu’Andy Finck, brasseur de formation, s’est lancé dans l’aventure Belgium Peak Beer, aux côtés de Gauthier Demolin et Victor Ernst.
« Quand Victor m’a parlé de créer une brasserie, j’ai accepté immédiatement, mais avec une condition : bâtir un projet qui ait du sens et qui puisse durer dans le temps », explique-t-il.
À l’époque, les microbrasseries se multiplient en Belgique. Pour se démarquer, le trio mise sur un élément différenciateur fort : le lieu. Très vite, les Hautes Fagnes s’imposent comme une évidence.
« Quitte à se lancer, autant s’installer dans l’un des plus beaux endroits de Belgique, réputé pour la qualité exceptionnelle de son eau. »
La recherche du site idéal mène naturellement à Sourbrodt, à deux pas du Signal de Botrange, point culminant du pays.
« Nous sommes passés devant ce terrain à vendre. Il n’y avait rien, mais c’était parfait. Une véritable page blanche. »
Un détail fait toute la différence : la brasserie peut être reliée directement au réservoir d’eau situé en amont.
« L’eau est l’ingrédient principal de la bière. Ici, elle est très peu minéralisée et légèrement acide. Là où d’autres doivent la traiter, nous l’utilisons telle quelle. »
Le nom Peak s’impose presque naturellement. « Peak, c’est le sommet. Et ici, nous y sommes littéralement. »
Le logo reflète lui aussi l’ADN du territoire : sommet, sapin ou encore caillebotis emblématiques des Fagnes, chacun peut y projeter sa propre lecture.
Dès le départ, les fondateurs voient plus loin que la simple production de bière.
« La région attire énormément de promeneurs, mais l’offre horeca était limitée. Nous avons donc décidé de proposer une petite restauration et une dégustation sur place. »
Un restaurant attenant à la brasserie voit le jour.
Le premier brassin sort en 2017, le restaurant ouvre en 2018… et le succès est immédiat.
« Très vite, il fallait réserver tous les week-ends, été comme hiver », sourit Andy Finck.
Le site est pensé comme un lieu convivial et familial, avec notamment une plaine de jeux conçue à partir d’anciennes barriques, renforçant encore l’image chaleureuse et accessible de la brasserie.
En 2023, face à une demande croissante, un constat s’impose : l’outil de production est devenu trop petit. La brasserie Peak investit alors près de 3 millions d’euros pour quadrupler sa capacité.
« Nous sommes passés de 2 à 3.000 hectolitres à plus de 15.000 hectolitres par an. »
Aujourd’hui, les bières Peak sont bien implantées à Waimes, Malmedy, Jalhay, Verviers, mais aussi à Liège, Namur et dans de nombreux cafés à travers la Wallonie.
« Environ 20 à 25 % de notre production est vendue localement, mais notre présence s’étend désormais bien au-delà. »
Malgré cette expansion, l’ancrage local reste un pilier fondamental. Participation à des événements sportifs régionaux, organisation de manifestations emblématiques comme le biathlon sur site, le marathon le plus haut de Belgique (chaque année complet avec plus de 1.000 participants) ou encore le gravel des Hautes Fagnes :
« Notre objectif n’est pas seulement de brasser de la bière, mais de créer des moments de convivialité. »
La brasserie Peak poursuit également son développement à travers l’innovation : bières éphémères, vieillissement en barriques, et plus récemment le lancement d’une IPA en canette.
« Si le succès se confirme, nous réfléchirons à investir dans une ligne de mise en canette en interne », confie Andy Finck.
Depuis les Hautes Fagnes, Peak a trouvé sa recette : un territoire d’exception, une eau unique et un projet qui va bien au-delà d’une bière artisanale plusieurs fois récompensée.